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Un nouveau temps de sensibilisation ouvert à tous et toutes a été organisé dans le cadre de l’opération “C’est décidé, je réduis mes déchets” portée par Toulouse Métropole et animée par nos associations Fairéco et Zero Waste Toulouse. C’était le 8 juin et cette fois-ci nous nous sommes penché·es sur la question des textiles (vêtements, chaussures, accessoires, linge de maison, etc.) !

Nous avons proposé une troc party conviviale (un vide-dressing non monétaire où tout le monde pouvait apporter et/ou repartir avec des objets), mais aussi des stands pour réparer ses vêtements ou pour “upcycler” ses chutes de tissu. Nous tenions en parallèle un stand de sensibilisation et de présentation des alternatives locales tandis que le Relais 31 exposait le devenir des “Textiles d’habillement, Linge de maison et Chaussures” collectés dans les bornes d’apport volontaire. 

Les enjeux 

Nous avons eu peur que les premières personnes se présentant ne trouvent aucun textile à troquer et soient déçues. En amont de la troc party, nous avons donc organisé 2 points de collecte. Résultat : nous avons croulé sous les dons (encore merci !) et nous avions une friperie complète dès le début de l’événement ! Qu’on soit sensibilisé·e ou non, force est de constater que nous sommes beaucoup à accumuler des montagnes de vêtements et accessoires qui dorment dans nos placards.

En France, près de 830 000  tonnes de textiles sont vendus chaque année, soit 3,3 milliards d’articles : cela représente environ 12 kilos par an et par personne ! Si on arrêtait toute production maintenant, on aurait encore quelques belles années devant nous avant de sortir tout·es nu·es dans la rue… Sur le territoire de Toulouse Métropole, on collecte environ 2 kg de textiles par an et par habitant·es dans les bornes Le Relais… et on en retrouve 5 kg dans les ordures ménagères résiduelles ! Bien dommage lorsqu’on pense aux nombreux impacts environnementaux et sociaux des textiles.

Impacts environnementaux 

  • Pollutions et atteinte à la biodiversité : pesticides, teintures, microparticules de plastique relâchées lors de la fabrication et des lavages en machine, etc. ;
  • Empreinte hydrique : 7 000 à 10 000 Litres d’eau pour fabriquer un jean par exemple – au total, ce serait 4 % de l’eau potable disponible dans le monde qui serait utilisée par l’industrie textile ;
  • Émissions de gaz à effet de serre : l’industrie textile est responsable de 10 % des émissions mondiales, chiffre qui pourrait monter à 26 % en 2050, etc.).

Pour en savoir plus : infographie “La mode sans dessus dessous” et guide de l’Ademe “Le revers de mon look”.

Impacts sociaux

70 % de nos vêtements sont fabriqués en Asie du Sud-Est, dans des pays comme le Bangladesh, la Chine, le Cambodge, le Viêt Nam, etc. Sur un t-shirt vendu 29 €, un travailleur ou une travailleuse du Bangladesh toucherait en moyenne 18 centimes. Ce sujet a été régulièrement abordé dans les médias récemment, mais si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à faire un tour sur le site du Collectif Ethique sur l’étiquette ou à regarder le documentaire d’Arte “Les dessous de la mode à bas prix”.

Bref, il y a beaucoup à faire pour consommer avec davantage de conscience, allonger la durée de vie de nos textiles et les orienter vers les bonnes filières en fin de vie. Heureusement, de plus en plus de solutions se développent sur notre territoire !

S’interroger sur nos besoins

Connaissez-vous la méthode BISOU ? Ce moyen mnémotechnique a été inventé par Marie Duboin Lefèvre et Herveline Verdeken, créatrices du groupe Facebook « gestion budgétaire entraide et minimalisme » et autrices du livre J’arrête de surconsommer, 21 jours pour sauver la planète et mon compte en banque. La méthode est pratique car très facile à retenir. Elle permet de retenir quelques questions simples à se poser lorsque nous sommes sur le point de faire un achat.

B comme besoin 

À quel besoin cet achat répond-il ? En ai-je réellement besoin ou est-ce une envie du moment, un réconfort, un besoin de me conformer à une norme sociale ? 

I comme immédiat 

Dois-je l’acheter immédiatement ? 

S comme semblable 

N’ai-je pas déjà quelque chose de semblable ? Est-ce que je ne possède pas déjà un objet similaire ou un objet qui pourrait remplir cette même fonction ?

O comme origine 

Quelle est l’origine de ce produit ? A-t-il été créé dans des conditions qui me conviennent ? Quel est son impact sur la santé et l’environnement ?

U comme utile 

Acheter cet objet va t-il m’être VRAIMENT utile ? L’utilité est à prendre au sens large. Un beau tableau qui nous fait plaisir et auquel nous pensons depuis longtemps est utile s’il nous rend heureux (et qu’il répond aux autres critères de la méthode). Vais-je m’en servir souvent ? Comment je faisais pour m’en passer avant ? Est-ce moi qui juge qu’il est utile ou est-ce quelque chose d’imposé par la société ou mon entourage ?

Enfin, on pourrait rajouter ces critères : 

  • À quel point l’objet est-il durable ?
  • Est-il facilement réparable ?
  • Pourra-t-il être utilisé longtemps ?
  • Pourra-t-il avoir une seconde vie 
  • Sera-t-il recyclable en fin de vie ?

Réparer

Durant ce temps de sensibilisation sur le textile, les couturières des associations Mitsa et La Juponnerie tenaient un stand pour aider à réparer ses textiles. Dur de s’y mettre quand on a jamais appris mais si ça vous tente d’apprendre, n’hésitez pas à participer aux ateliers de réparation gratuits et conviviaux organisés régulièrement sur Toulouse et les environs : certains proposent des spots couture (événements à retrouver sur le site des Cafés Bricol’ et Repair Cafés). 

Vous pouvez également demander à une personne de votre entourage de vous apprendre (vous savez, celles qui ont connu les cours de couture au lycée il y a fort longtemps…) ou suivre des tutoriels en ligne : Pop Couture, La Fabrique DIY, Oui Are Makers et des milliers de tutos YouTube. 

Pas envie de pester sur le fil qui ne passe pas dans le trou minuscule de l’aiguille ? Foncez sur le site Répar’acteurs Occitanie, propulsé par la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, pour vous aider à trouver où faire réparer vos objets près de chez vous. 

Upcycler ou “surcycler”

Vos textiles sont irréparables ou ne vous plaisent plus ? Il est toujours possible de les transformer pour les rendre plus à votre goût ou pour changer leur usage. Toulouse Espace Couture tenait un stand où étaient exposées plusieurs de leurs créations, réalisées à partir de chutes de tissu. Situé à la Reynerie, ce lieu dédié à la couture est engagé en faveur du réemploi textile. Vous pouvez y emprunter des machines, accéder à une mercerie solidaire et acheter des tissus de seconde main, suivre des cours de couture, etc. 

Sur le stand, il était possible de fabriquer des pochettes à partir de vieux jeans ainsi que des chouchous. Cet atelier ludique à beaucoup plu aux personnes qui sont reparties fièrement avec leurs créations. 

En dehors des habituels chiffons pour le ménage faits avec nos vieux vêtements, vous cherchez de l’inspiration pour donner une nouvelle vie à un textile ? Retrouvez sur notre wiki pédagogique plusieurs tutoriels pour fabriquer un tawashi (éponge lavable) à partir de vieux t-shirts, chaussettes et autres collants en laine, ou un tote bag à partir d’un t-shirt ou débardeur. 

S’engager et encourager les alternatives

Si vous souhaitez approfondir cette thématique, nous vous conseillons bien sûr le guide de résistance à la fast fashion de Zero Waste France. Découvrez et encouragez également les initiatives qui se développent à Toulouse en faveur du réemploi. Outre les magasins de seconde main et dépôts-ventes de plus en plus nombreux, voici quelques exemples locaux : 

Déposer dans les bornes de collecte du Relais 31

Sur le territoire de Toulouse Métropole, c’est principalement l’entreprise d’insertion Le Relais 31 qui collecte et trie les textiles déposés dans les bornes dédiées. Simon était là pour présenter la structure, le circuit de collecte et le devenir des textiles récupérés. 

Le Relais est une entreprise d’insertion, c’est-à-dire qu’elle va accompagner des personnes éloignées de l’emploi à retrouver un poste, comme le font des ressourceries comme La Glanerie, par exemple. Ces salarié·es effectuent des heures de travail et, en parallèle, bénéficient d’ateliers et de cours pour monter en compétences et reprendre confiance. 

Les textiles collectés sont triés ou pré-triés en Occitanie. Une partie sera revendue localement dans les boutiques solidaires Ding Fring (il y a en a une à Saint-Alban). Comme nous l’avons vu plus haut, nous croulons cependant sous les textiles et Le Relais n’est pas en mesure d’absorber localement les quantités collectées. Pour assurer un taux de réemploi maximum, une autre partie des textiles – toujours utilisables en l’état – sont donc envoyés à l’export, en Europe et en Afrique, où le Relais possède 3 centres à Madagascar, au Burkina Faso et au Sénégal. Seuls des textiles de bonne qualité et correspondant aux conditions climatiques de ces pays y sont envoyés. Comme en France, les bénéfices sont réinvestis pour créer des activités sur place, par exemple des coopératives agricoles, et favoriser l’emploi des personnes en situation d’exclusion. S’il reste encore des surplus, ceux-ci seront vendus à des clients avec lesquels Le Relais travaille depuis des années.

Les textiles abîmés sont recyclés, notamment en isolants thermiques pour le bâtiment ou chiffons d’essuyage, et une petite partie de textiles inexploitables sont revalorisés sous forme de “combustibles solides de récupération”, permettant d’alimenter en énergie industries et collectivités.

A la fin de ce temps de sensibilisation sur le textile, Le Relais 31 est reparti avec 206,5 kg de vêtements, chaussures et accessoires à revaloriser ! La preuve que nos placards débordent encore… 

Pour en savoir plus, regardez la vidéo “La 2ème vie des Textiles d’Habillement, Linge de Maison et Chaussures“ de l’éco-organisme Refashion.

Pour savoir comment déposer correctement vos textiles dans les bornes : 

Les bonnes adresses pour acheter, donner et/ou être bénévole

  • Les boutiques Emmaüs ;
  • Les boutiques solidaires comme celles de la Croix-Rouge (par exemple avec “Chez Henry” au 11, rue Temponières à Toulouse) ou du Secours Catholique (par exemple avec celle de Saint-Jean au 26, Avenue de l’Eglise) ;
  • Les ressourceries et recycleries généralistes comme La Glanerie (quartiers La Gloire et La Glacière à Toulouse), Cartourcirc (quartier La Cartoucherie à Toulouse), Le Tri Sera Top (quartier du Mirail à Toulouse), Mosaïk 31 (quartier des Arènes à Toulouse), La Remixerie (Colomiers), La Rafistolerie (Castanet), etc. ;
  • La recyclerie sportive Hex Eco ;
  • La recyclerie d’articles pour les bébés et enfants Les Fripouilles à Toulouse ;
  • La boutique de l’association Mode Collaborative KSK à Portet-sur-Garonne ;
  • Celles du Relais 31 comme Ding Fring, à Saint-Alban (1, Avenue du 8 Mai 1945), ou Véti Relais, à Blagnac (11 Vieux Chemin de Grenade) ;
  • Et sûrement plein plein d’autres qu’on oublie !

Les bonnes adresses pour donner et/ou devenir bénévole

Plusieurs associations récupèrent des dons textiles qu’elles destinent uniquement à des bénéficiaires en situation de précarité, comme, par exemple : 

Plusieurs associations organisent également des vide-dressings solidaires plusieurs fois par an comme Les Clins d’œil à Pibrac, ou des zones de gratuité sur les marchés de plein vent, comme Nord-Est Toulousain en Transition à Saint-Jean et L’Union.

A noter qu’il est conseillé de “respecter les saisons” lorsque vous donnez des vêtements. En effet, toutes les structures présentées plus haut ont des espaces de stockage limités et auront plus de difficultés à gérer vos manteaux et anoraks en plein été. 

Acheter du linge de maison de seconde main

Si vous ne trouvez pas votre bonheur dans les boutiques locales, pensez à la boutique en ligne solidaire du Label Emmaüs ou à l’entreprise Du beau linge, qui donne une seconde vie au linge hôtelier. 

Impliquer son entourage…

S’engager pour optimiser l’usage de nos vêtements et éviter qu’ils ne dorment dans nos placards peut aussi être très joyeux ! Avez-vous pensé à proposer à des ami·es ou des collègues de se retrouver autour d’un apéro… et des vêtements qu’on ne met plus ? Souvent, c’est un beau moyen de laisser partir des vêtements auxquels on était attaché·es car on les voit commencer leur deuxième vie sur nos proches. 

… et les pouvoirs publics et privés

Si nous pouvons tous et toutes nous engager à notre niveau, il est toutefois nécessaire de faire bouger les lignes politiques et économiques sur ce sujet. Plusieurs structures de l’économie sociale et solidaire se sont unies pour demander une loi anti fast-fashion, qui a été votée en 1ère lecture le 14 mars à l’Assemblée nationale. Il reste encore du chemin à parcourir, notamment un débat au Sénat, pour que cette loi soit définitivement adoptée sans être vidée de sa substance. 

Site de la campagne 

Article d’actualité sur les débats en cours 

Cet article pourrait encore continuer longtemps, mais toutes les bonnes choses ont une fin. Vous l’aurez compris, il est important de changer nos habitudes pour optimiser et allonger la durée de vie de nos textiles et, heureusement, des solutions commencent à se développer sur notre territoire. On croise les doigts mais la Métropole devrait proposer une nouvelle édition de cette troc party – réparation – upcycling l’an prochain et on espère vous y voir nombreux et nombreuses !

À lire aussi : 

L’épisode du podcast RRRRR de Zero Waste Toulouse sur le textile 

Enjeux et solutions autour du textile

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